Lycée Clemenceau à Reims : formations, internat et histoire
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Le lycée Georges-Clemenceau est un établissement public de Reims. Il accueille les trois niveaux du lycée général et trois filières de classes préparatoires. Ses bâtiments des années 1950 racontent aussi un chapitre de l’architecture scolaire française, de l’externat courbe au grand portique de l’entrée. Cette page donne d’abord les informations utiles, puis revient sur cette histoire.
Adresse, contact et liens officiels
- Adresse : 46 avenue Georges-Clemenceau, 51100 Reims
- Téléphone : 03 26 85 00 64
- Courriel : rf.smier-ca@g1300150.ec
- Code UAI : 0510031G
- Site de l’établissement : lyc-clemenceau.monbureaunumerique.fr
- ENT : se connecter à Mon Bureau Numérique
Reims.cc n’est pas le site du lycée. Pour un dossier d’inscription, un emploi du temps, une absence ou un message de l’établissement, utilisez les liens officiels ci-dessus.
Quelles formations propose le lycée Clemenceau ?
Clemenceau est un lycée général. Si vous entrez en seconde, vous trouverez l’anglais en langue vivante A, puis l’allemand, l’espagnol ou l’italien en langue vivante B. L’italien et le japonais sont aussi proposés en option. Les enseignements artistiques occupent une place visible avec les arts plastiques, le cinéma-audiovisuel, l’histoire des arts et la musique. Le latin complète l’offre.
Les spécialités du bac général
Pour la rentrée 2026, l’établissement présente une offre qui couvre plusieurs domaines :
- Arts : arts plastiques, cinéma-audiovisuel, histoire des arts ou musique ;
- Langues et lettres : anglais, anglais monde contemporain, espagnol et latin ;
- Humanités et sciences sociales : histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques, humanités-littérature-philosophie et sciences économiques et sociales ;
- Sciences : mathématiques, physique-chimie et sciences de la vie et de la Terre.
En première, vous choisissez trois spécialités, puis vous en conservez deux en terminale. Le lycée précise qu’un seul enseignement peut être retenu dans le bloc artistique, et un seul dans le bloc des langues. Une section européenne est recensée en anglais ou en espagnol.
L’offre peut évoluer d’une rentrée à l’autre. La liste publiée par le lycée reste la référence au moment de formuler les choix.
Les classes préparatoires et l’internat
Si vous visez une classe préparatoire après le bac, Clemenceau propose trois filières :
- MPSI, puis MP ou MP* pour les mathématiques et la physique ;
- BCPST pour la biologie, la chimie, la physique et les sciences de la Terre ;
- ECG pour la voie économique et commerciale générale.
Vous candidatez par Parcoursup. Le lycée possède un internat mixte. Une page de l’établissement, mise à jour en 2021, mentionne 92 places destinées en priorité aux étudiants de première année de prépa, dans des chambres de deux personnes. Elle indique aussi une fermeture le week-end. Ces modalités pouvant changer, vérifiez-les sur la page officielle de l’internat CPGE avant de déposer un vœu.
Inscriptions et portes ouvertes
Vous trouverez les dossiers et les consignes d’inscription par niveau sur le site du lycée. Les dates changent chaque année : consultez la rubrique officielle plutôt qu’un calendrier recopié ailleurs.
L’Onisep indique que la précédente journée portes ouvertes a eu lieu le 7 mars 2026. Cette date est passée. Pour connaître la prochaine édition, consultez les actualités du lycée et sa fiche Onisep.
Du collège des Bons-Enfants au lycée Clemenceau
L’histoire de l’établissement ne commence pas avenue Clemenceau. La Ville de Reims le présente comme le descendant du lycée de la rue de l’Université, lui-même inscrit dans la lignée du Collegium Bonorum Puerorum, le collège des Bons-Enfants fondé au Moyen Âge.
Le collège ferme en novembre 1792. Ses bâtiments servent quelque temps de prison puis de tribunal. Le lycée créé sous le Consulat s’y installe au début du XIXe siècle et ouvre aux élèves le 23 septembre 1804. L’établissement change plusieurs fois de nom au rythme des régimes politiques : lycée impérial, collège royal, collège national, de nouveau lycée impérial, puis lycée de Reims. Les Archives départementales de la Marne conservent notamment un prospectus de 1804 et des documents sur ses premières années.
Les locaux du centre-ville sont agrandis à plusieurs reprises au XIXe siècle, puis encore dans les années 1930. Cela ne suffit plus après la Seconde Guerre mondiale. Le baby-boom augmente les effectifs, l’enseignement secondaire s’ouvre à davantage d’élèves et la scolarité se prolonge. Une nouvelle extension rue de l’Université est étudiée en 1955 avec l’architecte André Dubard de Gaillarbois. Son coût aurait été presque aussi élevé que celui d’une construction neuve, sans permettre la même liberté de plan. Le choix d’un nouveau campus finit par s’imposer.
Le terrain des Coutures avant le lycée
La Ville cède un terrain d’un peu plus de quatre hectares entre l’avenue Clemenceau et la rue de Sillery. Le secteur porte encore le nom des Coutures. Il est alors peu construit et en partie occupé par des jardins. Les enfants du quartier y jouent, des cirques y dressent leur chapiteau et les troupes américaines y organisent des matchs de base-ball après la Libération.
L’ancien site officiel du lycée, conservé par Internet Archive, cite même le passage du cirque de Buffalo Bill en 1905. Le projet scolaire de 1955 doit changer durablement ce morceau de ville.
1956-1960 : la naissance d’un lycée moderne
Le programme est ambitieux : environ 1 500 élèves, dont 300 internes. À l’époque, il s’agit encore d’un lycée de garçons. Dubard de Gaillarbois, d’abord chargé d’étudier l’agrandissement de l’ancien établissement, reçoit finalement le projet neuf. Formé aux Arts décoratifs puis aux Beaux-Arts de Paris, il travaille alors dans la Marne et participe aussi à deux grands ensembles universitaires rémois.
Le chantier commence en 1956. Son lancement ne suit pas tout à fait le cérémonial attendu : d’après le récit historique du lycée, le maire René Bride grimpe sur un engin et donne le premier coup de scrapeur au lieu de poser une première pierre. Les bâtiments principaux sont prêts pour la rentrée d’octobre 1958. Le gymnase et les terrains de sport constituent une seconde tranche, achevée en 1960.
L’inauguration a lieu le 19 septembre 1960 en présence du ministre de l’Éducation nationale Louis Joxe, du maire Jean Taittinger et du premier proviseur, Raymond Hausslein. Le lycée de garçons ne porte pas encore le nom de Clemenceau. Il adoptera quelques années plus tard celui de l’avenue. Les filles arrivent dans l’établissement au cours des années 1970.
Un reportage de l’ORTF diffusé le 5 octobre 1960 montre le campus tout juste achevé. Le projet avait été calculé pour 1 500 élèves ; le commentaire annonce alors une capacité proche de 1 900. Ces nombres décrivent le programme et la pression scolaire de l’époque, pas l’effectif actuel.
Un plan en V dessiné pour la parcelle
La parcelle est presque triangulaire. Plutôt que d’y enfermer une cour entre quatre ailes, Dubard de Gaillarbois place les bâtiments le long des limites et ouvre le plan vers le sud-est. Vu du ciel, l’ensemble forme un V : l’internat longe un côté, l’externat courbe suit l’autre et l’administration se tient près de leur point de rencontre. Le gymnase est détaché au sud-ouest.
L’externat mesure environ 200 mètres sur 10 et compte trois étages du côté du jardin. L’internat atteint environ 120 mètres et s’élève sur quatre étages. Avec les cuisines, les réfectoires, l’administration et le gymnase, les constructions occupent environ 6 000 m² au sol sur une parcelle de 40 000 m². Ces grands espaces libres font partie du projet.
Les classes de l’externat regardent vers le sud et le jardin, tandis que les couloirs longent la façade nord, côté rue. L’architecte remodèle aussi le terrain pour placer le jardin un niveau au-dessus des voies environnantes. Ce socle ménage des locaux techniques et évite que les bâtiments ne dominent trop lourdement les espaces intérieurs.
Dubard de Gaillarbois parlait d’un « grand coup de sabre » pour décrire la courbe de l’externat. Cette ligne donne son ampleur au campus, tout en libérant le centre de la composition pour le parc, les déplacements et les activités sportives.
Le portique circulaire et la sculpture de Louis Leygue
Depuis l’avenue, le bâtiment administratif ne cherche pas à occuper le centre. Il se décale pour laisser place à une esplanade surélevée et à un portique annulaire. Ce toit circulaire mesure 30 mètres de diamètre extérieur. Il repose sur une succession de poteaux en béton hauts de 4,50 mètres et distribue l’accès vers l’administration, l’externat et l’internat.
Au milieu se dresse L’Homme dans l’Univers en expansion, une sculpture métallique de Louis Leygue. L’architecte avait repéré une maquette dans l’atelier de l’artiste et y avait vu le bouquet de verticales qu’il cherchait pour ce point central. L’œuvre a été commandée dans le cadre du « 1 % artistique », qui réserve une part du coût des constructions publiques à la création.
La sculpture a vite fait partie du langage du lycée. Selon l’ancien site de l’établissement, des élèves des années 1960 l’avaient surnommée « Kopa », en référence au célèbre joueur du Stade de Reims. À l’intérieur, une autre œuvre dialogue avec l’architecture : Vendanges, tapisserie de Jean Lurçat réalisée d’après un carton de 1959 pour la salle des actes.
Un chantier d’industrialisation scolaire
Le lycée est construit à un moment où l’État cherche à produire vite de grands établissements. Une circulaire de 1952 encadre leurs dimensions, leur orientation et la séparation des fonctions. La trame de 1,75 mètre, liée à l’écartement des pupitres, règle ici le rythme des façades et des baies.
Dubard de Gaillarbois et les ingénieurs de la société GLD adaptent le principe des coffrages-tunnels. De grands moules métalliques, déplacés sur des chariots, permettent de couler successivement façades et planchers. Les façades sortent du moule avec leurs encadrements de baies et leur revêtement de carrelage. Le procédé réduit le nombre de reprises et accélère le gros œuvre sans transformer l’édifice en simple assemblage de panneaux.
Les chiffres donnent la mesure du chantier. Entre le 15 juillet et le 22 octobre 1957, les équipes réalisent environ 5 000 m² de façades et 6 000 m² de planchers avec 15 ouvriers qualifiés et 20 manœuvres spécialisés. Les archives conservent d’ailleurs un article de mars 1959 au titre explicite : Le Lycée de garçons de Reims donne un bel exemple d’industrialisation des travaux.
Le récit publié par le lycée ajoute deux détails très concrets : du varech breton aurait servi à l’isolation phonique et une grue serait tombée un jour de grand vent. Derrière la démonstration technique, le chantier restait une aventure humaine.
Couleurs, pierre et dortoirs : le lycée de 1958
Les photographies et publications d’époque permettent de décrire le lycée lors de son ouverture, mais pas de présumer de l’état actuel de chaque intérieur. À l’extérieur, les cages d’escalier de l’externat étaient soulignées par des volumes en moellons d’Euville. Les façades associaient béton, mosaïque de grès cérame, métal et verre. Des auvents vitrés longeaient les bâtiments côté jardin, avec des bancs revêtus de mosaïque.
La couleur servait aussi à s’orienter. Les menuiseries adoptaient un jaune doux ; les portes et leurs encadrements utilisaient le rouge, le jaune, le bleu ou le vert. Dans les couloirs, les sols mêlaient le gris et le rouge. Ces choix rompaient la répétition imposée par la trame constructive.
L’internat répondait aux usages d’un lycée masculin de la fin des années 1950. Les grands dortoirs étaient divisés par des cloisons basses en alvéoles de quatre places, équipées de lits métalliques et de tables de chevet assorties. Cette organisation a disparu lorsque les dortoirs ont été convertis en chambres. Elle ne doit donc pas être confondue avec les modalités d’hébergement annoncées aujourd’hui pour les étudiants de prépa.
Un jardin devenu parc
Près d’un millier d’arbres et d’arbustes sont plantés en 1958, dont un cèdre du Liban. Le jardin n’est pas seulement décoratif : il prolonge le principe d’un lycée ouvert, aéré et lumineux. À l’origine, les pelouses restent toutefois interdites aux élèves, qui circulent sur quelques allées sablées.
Le temps, les hivers des années 1980 et la tempête de 1999 font disparaître une partie des plantations. D’autres arbres sont ajoutés et les usages changent peu à peu. Le jardin d’ornement devient un parc pratiqué par les élèves et les étudiants.
Des bâtiments menacés, puis restaurés
La qualité du dessin initial ne protège pas le lycée du manque d’entretien. Trente ans après l’ouverture, le béton est fissuré, les mosaïques s’effritent, l’eau s’infiltre et des panneaux de contreplaqué remplacent des vitres brisées. En 1988, la professeure d’arts plastiques Odile Imbrosciano organise un « Parcours architectural » pour les trente ans du campus. André Dubard de Gaillarbois et Louis Leygue participent à l’événement et redécouvrent un ensemble très dégradé.
La possibilité d’une démolition est envisagée dans les années suivantes, à une époque où l’architecture des Trente Glorieuses est encore peu appréciée. Elle est finalement écartée. La Région, devenue responsable des lycées, engage des travaux qui s’étalent sur environ vingt ans : toitures, étanchéité, menuiseries, chauffage et façades sont repris.
La conservation n’empêche pas l’adaptation. Les anciens dortoirs deviennent des chambres et les cuisines avec leurs deux réfectoires sont réorganisées en self-service. Une partie du rez-de-chaussée de l’externat est transformée en 2001-2002 en amphithéâtre de 120 places. Le ravalement s’achève en 2006.
De nouveaux volumes complètent aussi le campus. Le gymnase est agrandi sur des fondations neuves. L’architecte Philippe Bigot conçoit le centre de documentation sur pilotis, au-dessus du parc, avec une passerelle vers l’ancien internat. Cette intervention reprend certains principes du modernisme sans imiter les bâtiments de 1958.
Le campus actuel conserve donc les volumes principaux de 1958, complétés par les transformations menées jusqu’aux années 2000. Il reste à la fois un établissement scolaire en activité et un témoin de la construction publique des Trente Glorieuses.







