Cathédrale de Reims : découverte des parties hautes

La cathédrale de Reims vue d’en haut : une expérience unique

Émerveillement, frissons et découvertes sont au rendez-vous lors de la visite des parties hautes de Notre-Dame de Reims. Vous ne le savez peut-être pas, mais il est possible de visiter avec un guide les hauteurs de la Cathédrale de Reims, afin de porter un regard neuf sur ce joyau de l’art gothique.

Plongez avec nous dans les secrets que recèlent la toiture et les tours de l’édifice, témoin de l’histoire tumultueuse de ce haut lieu du sacre des rois de France.

La montée vers les hauteurs

L’escalier de la tour sud et ses bourdons

L’aventure commence en empruntant l’escalier en colimaçon de la tour sud, qui compte pas moins de 249 marches. L’ascension permet d’accéder à la plate-forme située à 80 mètres d’altitude, entre les deux tours inachevées. Leur construction fut interrompue par un incendie en 1481, les privant des flèches qui auraient dû les faire culminer à 120 mètres. La tour sud abrite deux bourdons impressionnants : Charlotte de 10 tonnes offerte en 1570, et Marie de 7 tonnes fondue en 1849.

Le panorama, l’ancien labyrinthe et la vue sur la ville

Depuis la plate-forme, la vue sur l’agglomération rémoise est imprenable. Parmi les monuments qui se détachent, on reconnait la basilique Saint-Remi, l’église Saint-Jacques ou encore la médiathèque Falala. On y découvre aussi une reconstitution au sol de l’ancien labyrinthe qui ornait jadis le dallage de la nef, détruit au XVIIIe siècle. Les visiteurs peuvent ainsi revivre le chemin de pénitence que les fidèles parcouraient à genoux.

La galerie des rois et ses trésors sculptés

Le baptême de Clovis mis en scène

En parcourant la galerie du Gloria puis la galerie des Rois, le regard est happé par le groupe central de statues qui représente le baptême de Clovis par saint Remi. Cette scène fondatrice de l’histoire de France est entourée par une assemblée de 58 statues royales, témoin de l’importance du sacre des rois à Reims. Chacune de ces sculptures de calcaire pèse 8 tonnes et mesure 4,60 mètres.

Un bestiaire et des personnages insolites

Au fil de la visite, d’autres sculptures plus confidentielles se dévoilent : gargouilles, chimères, mascarons… Sur les corniches et dans les moindres recoins, les artisans du Moyen Âge et des restaurations successives ont laissé libre cours à leur créativité, réalisant un bestiaire fantastique et des personnages parfois énigmatiques comme cette femme assise sur une poêle ou cette laie allaitant ses petits.

La charpente moderne de Deneux, phénix renaissant des cendres

Un chef-d’œuvre né des destructions de 1914

Si les sculptures ont traversé les siècles, la charpente d’origine a quant à elle été détruite par un incendie le 19 septembre 1914, comme le rappellent les vestiges de cloches fondues présentés dans la tour nord. Après des années de conflits qui virent la cathédrale subir plus de 400 bombardements, il fallut toute l’ingéniosité de l’architecte Henri Deneux, aidé par les dons généreux de la fondation Rockefeller, pour faire renaître ce chef-d’œuvre.

Un espace cathédrale sous une charpente novatrice

La « forêt » renaît alors grâce à une structure révolutionnaire en béton armé et en éléments préfabriqués, brevetée par Deneux. Cette prouesse technique offre un vaste espace sous comble de 19 mètres de haut, épousant la forme en arc brisé de la nef. Inaugurée en 1938, elle permet de sillonner la cathédrale en hauteur, d’admirer de près les voûtes sur croisées d’ogives du XIIIe siècle et de saisir l’articulation entre nef, transept et chœur.

Les sommets de la cathédrale

La crête faîtière et la statue de l’Ange

Au plus haut de l’édifice, la crête faîtière déploie une frise où alternent trèfles et fleurs de lys, symboles de la royauté. Tout proche, l’Ange du Seigneur domine la cité du haut de ses 87 mètres. Cette statue de cuivre recouverte de dorures était un repère visuel essentiel pour les pèlerins et les voyageurs du Moyen Âge. Déposée en 1860, l’œuvre originale est aujourd’hui conservée au palais du Tau.

L’Assomption et l’Annonciation sur les transepts

Les pignons des bras du transept arborent des hauts-reliefs remarquables illustrant des épisodes de la vie de la Vierge, à laquelle la cathédrale est dédiée. Au sud, l’Assomption montre Marie emportée au ciel par des anges, dans un mouvement ascendant souligné par des flammes. Le pendant au nord figure l’Annonciation, avec l’archange Gabriel, la Vierge à l’enfant et une profusion de fleurs de lys.

Du parvis au sommet des tours, la cathédrale Notre-Dame de Reims recèle une multitude de trésors que la visite des parties hautes permet d’approcher au plus près. Une expérience unique pour comprendre ce chef-d’œuvre de l’art gothique et l’histoire dont il est le théâtre depuis bientôt 800 ans.

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